Mercredi 8/09/10 - 29 Eloul 5770
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Pessah, c'est quoi ?
Nous avons été esclaves de Pharaon en Egypte, et l'Eternel, notre Dieu nous a fait sortir de là par Sa main puissante."(Haggadah).
Introduction Pessah marque la naissance du peuple d'Israël. Alors que nous n'étions qu'une famille de soixante-dix âmes autour du patriarche Jacob, nous sommes devenus en Egypte une nation nombreuse. Nous n'oublions pas que c'est à partir de la souffrance que notre conscience nationale s'est forgée, ainsi sommes-nous devenus selon l'expression de feu le Grand Rabbin Jaïs z'al "un peuple d'affranchis", capable de porter dans sa Constitution et aux yeux de l'humanité tout entière : "tu aimeras l'étranger comme toi-même, car tu as été étranger dans le pays d'Egypte". Afin de souligner ce moment fondateur, les maîtres de la synagogue ont introduit dans la prière la formule : "l'époque de notre libération". Dans la Torah, cette fête est appelée "Pessah" et "fête des matsot" (pains azymes) ou désignée par "mois du printemps".

Pessah veut dire sauter (par-dessus), en anglais Passover, car la mort selon l'ordre divin sauta au-dessus des maisons d'Israël qui portaient sur les montants des portes, le sang de l'agneau, une idole d'Egypte. La libération ne peut avoir lieu que par le courage monothéiste de nier tous les cultes de l'instinct, des forces de la nature, et de reconnaître Dieu comme Créateur de l'univers.
• Fête des matsot : le pain azyme rappelle la sortie précipitée d'Egypte. L'esclavage est long et douloureux, la délivrance est, telle la création du monde, une explosion de joie, un temps au-dessus du temps, au-dessus des lenteurs de l'angoisse et des incertitudes de l'avenir.
• Mois du printemps :"Garde le mois du printemps, … car au mois du printemps l'Eternel ton Dieu t'a fait sortir d'Egypte"(Deut. XVI,1). Printemps de la nature, printemps d'un peuple, résurrection des morts, temps de l'harmonie entre les cieux et la terre, entre le froid de l'hiver et la chaleur de l'été. Temps d'équilibre pour apprendre à Israël que la liberté se vit sur la voie moyenne.
Midrach : La libération d'Égypte ne fut pas seulement l'accomplissement de la promesse faite aux Patriarches, mais fut aussi méritée par Israël. Les Hébreux durent en effet leur délivrance à quatre mérites : ils conservèrent leurs noms, leur langue, ne se livrèrent pas à la débauche, et ne se livrèrent à aucune délation.
Cette volonté profonde de conserver notre identité est le secret de la survie de notre peuple, à travers les vicissitudes de l'Histoire.
A propos du mois de nissan : "Ce mois sera pour vous le premier des mois de l'année"(Ex. XII,2). Cela signifie qu'à partir de la sortie d'Egypte, le mois de nissan sera le premier, Iyar le deuxième, Adar le dernier, et ce, afin de se référer constamment au miracle de la libération.
Dans la Torah, les mois, comme les jours, ne possèdent pas de noms spécifiques, ils sont désignés en fonction d'un mois de départ (nissan) ou d'un jour central : Chabbat .

Les chabbatot qui précèdent Pessah Certains Chabbatot qui précèdent Pessah ont un caractère particulier, puisqu'on y lit un texte de Torah en plus de la paracha de la semaine. Le but de ces lectures supplémentaires est de rappeler aux fidèles l'importance de Pessah, et la nécessité de s'y préparer psychologiquement et spirituellement, ainsi que sur le plan de la halakha.
• Chabbat Hahodech ou "Le Mois" Le Chabbat précédant le nouveau mois de nissan (ou lorsque le nouveau mois de nissan coïncide avec Chabbat), on lira donc dans un second sefer Torah le chapitre XII de l'Exode qui commence par :"L'Eternel parla à Moïse et Aaron pour dire : Ce mois-ci sera pour vous le premier…".
• Chabbat hagadol - le grand Chabbat Le Chabbat qui précède Pessah est appelé"le grand Chabbat" . Plusieurs raisons sont avancées par nos maîtres.
En référence au"grand miracle" qui se produisit pour nos ancêtres en Egypte. En effet, obéissant à l'ordre divin, chaque famille d'Israël prit, le Chabbat 10 nissan, un agneau pour le sacrifice pascal qui devait avoir lieu quatre jours plus tard. Bien que l'animal fut déifié par les Egyptiens, aucune réaction négative à l'encontre d'Israël n'eut lieu. (Commentaire du Tour)

Ce Chabbat marqua l'entrée d'Israël dans le monde des mitsvoth, à travers cette première mitsva de la préparation de l'agneau pascal. Par l'accomplissement de l'ordre divin, Israël reçut un"grand"mérite, comme l'exprime le traité de Baba Kama :"Celui qui agit parce qu'il a reçu l'ordre divin, est plus grand que celui qui agit sans en avoir reçu l'ordre". (Commentaire du Péri hadach).

La haftarah de ce Chabbat, tirée du prophète Malachie, parle du "grand" jour de l'Eternel. "Voici je vous envoie le prophète Elie avant la venue du jour de Dieu "grand et redoutable". (Commentaire du Maharchal).

Pessah et l'interdiction du 'Hamets Du fait que nos ancêtres ont emporté du pain non levé en sortant d'Egypte, la Torah a demandé aux générations futures de ne pas consommer de hamets pendant une semaine (7 jours en Israël, 8 jours en dehors d'Israël).

Qu'est-ce que le hamets ?
Un aliment, solide ou liquide, composé d'une des cinq espèces de céréales suivantes : blé, orge, avoine, seigle et épeautre, qui sous l'action de la chaleur ou de l'eau a subi un processus de fermentation.
Trois interdictions concernent ce hamets, selon la Torah :
• L'interdiction d'en consommer
• L'interdiction de posséder du 'hametz dans n'importe que lieu nous appartenant.
• L'interdiction d'en tirer profit
D'où la nécessité de se débarrasser de ce hamets, avant Pessah. C'est ainsi qu'entre Pourim et Pessah, chaque membre de la famille participera au "grand nettoyage de printemps" (chambres, salle à manger, cuisine, …).
L'interdit est si catégorique qui si quelqu'un a omis d'éliminer son hamets avant Pessah, il n'aura plus jamais le droit de le manger ou en tirer profit après Pessah, il devra le détruire.

La recherche du 'Hamets
1) Dès la tombée de la nuit du 13 au 14 Nissan, on procède à la recherche du hametz à la lueur d'une bougie (en cas d'impossibilité d'effectuer cette recherche personnellement ou par mandataire la nuit du 14 Nissan, celle-ci pourra se faire au maximum 30 jours avant Pessah et ceci sans bénédiction).
2) Cette recherche se fera à la lueur d'une bougie et non à l'aide d'une torche formée par plusieurs flammes, car cette dernière ne permet pas un examen minutieux ; de plus celui qui l'utilise aurait peur de mettre le feu aux meubles.
3) L'on veillera également à ne pas utiliser pour cette recherche de système d'allumage à base de graisse animale ou salissant, afin de pouvoir effectuer en toute quiétude une bonne recherche.
4) La recherche du hametz à la lueur d'une bougie sera précédée d'un nettoyage à fond de la maison et de tous les endroits pouvant contenir du 'hamets.
5) L'on s'abstiendra de commencer tout travail ou toute étude de la Torah ainsi ou de prendre un repas avant la recherche du hamets.
6) La recherche du hamets sera précédée de la bénédiction :
Baroukh Ata Ado-naï Elo-énou mélekh aolam, achèr kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al biour hamets.
Traduction : "Eternel, notre Dieu, roi du monde, Source bénédiction, Tu nous as sanctifiés par tes commandements et nous as ordonné d'éliminer tout hamets".
Cette bénédiction s'applique également à l'annulation et à la destruction (par le feu) du hamets.
7) L'on veillera à ne pas s'interrompre entre la bénédiction et le début de la recherche, en conversations ne concernant pas la recherche.
8) Tout endroit ayant pu renfermer du hametz nécessite une recherche. C'est pourquoi l'on passera en revue toute la maison, les étages, greniers, armoires, réfrigérateurs, fours, débarras, voitures etc. Ainsi que tout lieu où a pu être introduit le hamets, comme sous les lits, dans les armoires...
9) Les synagogues, maisons d'études, magasins, bureaux, écoles ainsi que tous les lieux publics dans lesquels on a pu introduire du 'hamets, nécessitent une recherche.
10) Il y a lieu de secouer et de vérifier toutes les poches des vêtements, les cartables, sacs et livres de tous les membres de la famille.
11) La mitsva consiste, non pas à trouver du hametz, mais à le rechercher dans toute la maison. Afin de ne pas prononcer la bénédiction en vain, on a l'habitude de mettre des morceaux de pain (généralement 10) bien enveloppés dans du papier, que l'on cache en différents endroits de la maison.

L'annulation et la destruction du 'Hamets
1) Après la recherche, l'on procède à l'annulation du hamets (bitoul) qui aurait pu échapper à notre vigilance, en déclarant (même en français) : "Que tout 'hametz ou tout levain que je n'ai pas vu ou n'ai pas détruit ou dont je n'ai pas eu connaissance soit considéré comme n'existant plus, comme la poussière de la terre".
2) Il incombe au chef de famille de rechercher et d'annuler le hamets qui est chez lui, en cas d'empêchement sa femme le fera.
3) Le hametz que l'on a trouvé pendant la recherche, ainsi que celui que l'on a mis de côté pour le petit déjeuner, sera soigneusement conservé jusqu'à l'heure de la destruction du hamets.
4) Le petit déjeuner de la veille de Pessah terminé, l'on brûlera le hamets restant (ou on le jettera au vide-ordures). Celui-ci peut être brûlé jusqu'à la fin de la 5ème heure de la journée.
5) Après avoir brûlé le hamets, on répète la formule d'annulation en introduisant une légère modification :"que je l'aie vu ou ne l'aie pas vu, que je l'aie détruit ou que je ne l'aie pas détruit".
6) Lorsque l'heure à laquelle le hamets doit être brûlé est révolue, il n'est plus possible de réciter "la formule d'annulation".
7) Il convient de se rincer la bouche, et de bien se brosser les dents à l'issue du petit déjeuner.
8) Si l'on trouve du hamets chez soi pendant Pessah, on a l'obligation de le faire immédiatement disparaître. Si on en a trouvé Yom Tov ou Chabath, on le recouvrira d'un récipient et on le brûlera à l'issue de la fête ou du Chabath. Si l'on trouve du hamets sur la voie publique, l'on veillera à ne pas le ramasser.

Quel est le sens de la recherche du hametz et de son annulation ?
Le fait de réciter la formule d'annulation du hametsévite de se trouver en infraction avec l'interdiction d'en voir. Il est en effet dit dans la Torah : "Il n'en sera pas vu chez toi". Ainsi par cette formule, on renonce à toute propriété sur lui ; il ne nous appartient plus.
Question :
S'il en est ainsi, pourquoi cette exigence de la recherche du hamets afin de s'en débarrasser ? L'annulation ne suffirait-elle pas ?
Deux raisons sont invoquées :
? Le bitoul est d'ordre subjectif et personnel, aussi y-a-t-il lieu de craindre que la quantité de hametz que nous possédions ne nous incite pas à nous en défaire d'une manière sincère, l'on risquerait alors d'enfreindre les interdictions d'en voir (bal yiraè) et d'en trouver (bal yimatsé).

? La familiarité du hametz que nous consommons tout au long de l'année risque, si nous en trouvons, de nous faire oublier que c'est Pessah au point d'en manger. C'est pourquoi nos Maîtres nous ont enjoint de nous en dessaisir et de le brûler, bien que nous l'ayons"annulé". Pour la même raison, il convient de ranger également toute la vaisselle hametz après l'avoir nettoyée, afin de ne pas s'en servir.
Si l'on a procédé à la recherche du hamets sans l'avoir annulé, il y a lieu de craindre que cette recherche n'ait pas été suffisamment bien faite, on enfreindrait alors l'interdiction de ne pas en avoir en sa possession. (Traité de Pessahim).

La vente du 'Hamets
1) Si quelqu'un a beaucoup de hametz et il hésite à s'en défaire, il a le loisir de le vendre à un non-juif (cette vente est une vente réelle, effective et non fictive), le hametz peut être racheté après Pessah Ce 'hametz doit être entreposé dans un endroit fermé.
2) L'on se contentera de vendre le hametz, mais non pas la vaisselle qui y a servi, en prenant cependant la précaution de la mettre de côté.
3) L'usage est aujourd'hui établi, grâce à une procuration, de mandater le Rabbin pour procéder à la vente du hametz. C'est ainsi que le Consistoire Israélite de Paris réalise cette vente par procuration.

L'interdiction de consommer du 'Hamets
La Thora nous interdit de consommer, de boire et de tirer profit de tout hametz ou mélange de hametz, même en quantité infime. Même une quantité infime de hametz mélangé à des aliments pendant Pessah rend ces aliments interdits à la consommation pendant toute la durée de la fête.
Cependant si le hametz s'est mélangé avant la fête, il est considéré comme annulé, à condition toutefois qu'il y ait 60 fois plus d'aliments cacher le-pessah que de hametz.
L'on s'abstiendra de consommer tout aliment ou de boire toute boisson n'ayant pas fait l'objet d'une surveillance rabbinique particulière pour Pessah.
L'interdiction de consommer du hametz prend effet la veille de Pessah 2 heures avant midi.

Source : www.consistoire.org
© Yaguel Yaacov - Réalisation Alain Lachkar Haut de page