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| Chavouot,
c'est quoi ? |
Chavouot signifie "semaines" car
cette fêtes tombe 7 semaines après
Pessah , et rappelle la révélation
des 10 commandements au Sinaï.
Au plan agricole, Chavouot marque le début
de la moisson du blé en Israël.
Au plan religieux, Chavouot conclut la libération
physique du peuple d'Israël, car en
acceptant la Torah, Israël devient
vraiment le témoin de Dieu et responsable
de Son message aux yeux des nations.
En diaspora, Chavouot dure 2 jours : le
6 et le 7 Sivan.
Introduction Le Livre de Ruth fait partie
des cinq rouleaux ou méguiloth, qui
se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim,
et qui sont lus lors de quelques fêtes
toraïques ou rabbiniques.
Chir hachirim, Cantique des cantiques :
Chabath et Pessah
Routh, Ruth : Chavouoth (on lit aussi Michlé
ou Proverbes, il vaut mieux traduire Paraboles)
Kohéleth, L'Ecclésiaste :
Souccoth
Esther : Pourim
Ekha, Lamentations de Jérémie
: 9 av
Le choix de Ruth à Chavouoth est
d'abord justifié par le fait qu'une
partie du récit se déroule
en Israël, durant la moisson des blés,
qui est justement la période dans
laquelle tombe Chavouoth.Nous verrons qu'il
existe d'autres liens entre cette fête
et le rouleau de Ruth.
Traductions et commentaires Verset 1
"Et il arriva aux jours où jugeaient
les Juges, et il y eut une famine dans le
pays. Et un homme de Bethlehem en Juda parti
pour séjourner dans les champs de
Moab, lui et ses femmes et ses deux fils."
Commentaire
Le livre des Juges
Le récit de Ruth se situe à
l'époque des Juges (Choftim), c'est-à-dire
entre le moment où les enfants d'Israël
s'installent dans le pays de Canaan et le
moment où la première royauté
est proclamée avec Saül. Toute
cette période est décrite
dans le livre des " Juges ", deuxième
livre des Néviim ou Prophètes.
Durant cette période, chaque tribu
vit en quelque sorte en " autogestion
", seules les trois fêtes de
pèlerinage rassemblent les tribus,
afin de reformer l'unité nationale
comme lors de la sortie d'Egypte.
L'époque des Juges est surtout marquée
par une infidélité permanente
du peuple d'Israël à l'Alliance
du Sinaï. Cette infidélité
du peuple se traduit surtout par un syncrétisme
religieux, c'est-à-dire un mélange
entre hébraïsme et religion
locale, ce qui pour la Torah est bien sûr
une aberration.
Constatant cette infidélité,
Hachem livre la ou les tribus amnésiques
à la tutelle de ou des peuplade(s)
païenne(s) environnantes.
Ployant sous de lourds impôts et méprisé
du dominateur, le peuple se repend et crie
vers l'Eternel qui suscite alors un libérateur,
héros de guerre, qui délivre
ses frères, et juge (au sens du pouvoir
politique) sa tribu jusqu'à sa mort.
Les Juges les plus célèbres
sont Déborah (eh oui une femme !),
Gédéon, Samson et Samuel.
Tous les Juges ne sont pas des exemples
de piété (Jephté par
exemple qui sacrifiera sa propre fille après
sa victoire), mais ils aiment leur peuple
et leur apportent la liberté.
L'objet du livre des Juges est de montrer
qu'une vie nationale en adéquation
avait les principes du monothéisme
éthique est extrêmement difficile
à maintenir. L'idéal biblique
appelle une vigilance permanente pour ne
pas tomber dans les pièges de l'idolâtrie
et dans les tentations de l'injustice et
de l'immoralité. Et pourtant la volonté
d'Hachem passe par-là : Israël
doit être le peuple témoin
de la Révélation, témoin
d'Hachem, installé sur la terre des
promesses, comme cela fut annoncé
à Abraham dès sa première
prophétie (Gn. XII,2).
Aux jours où jugeaient les Juges
Rachi traduit autrement le verset : "aux
jours où l'on portait un jugement
sur les Juges".
Une société où les
Juges sont eux-mêmes jugés
est une société en chute morale.
Rachi veut justifier la famine. Pour la
Bible, il existe en effet un lien entre
la morale et la nature. Cela n'est pas évident
! Quand la Torah dit par exemple: "
Si vous écoutez Ma voix, Je vous
donnerai la pluie en son temps " (Deut.
XI, deuxième paragraphe du Chéma),
elle crée un lien entre l'accomplissement
de la Torah et la chute des pluies. Un météorologue
pourrait être surpris d'une telle
affirmation. Si la pluie tombe, dirait-il,
c'est parce que les conditions climatiques
(pression atmosphérique, température)
sont réunies. La Torah, qui ne peut
nier ces principes, se situe sur un autre
plan. Hachem est le créateur de la
nature et Il est celui qui révèle
la loi morale. Israël en acceptant
la Torah subordonne sa vie physique à
sa vie morale et spirituelle.
En d'autres termes, si la famine s'abat
ici sur la terre de Canaan, Israël
doit réfléchir à ses
manquements sur le plan du respect des mitsvoth
et notamment sur la mitsva de la dîme.
Les Pirkey Avoth (Chapitres des Pères)
enseignent (V.8) que la famine survient
notamment quand le peuple ne donne plus
le maasser, la dîme qui était
l'impôt sur les récoltes et
le bétail que l'on offrait aux prêtres
(cohanim). Donner la dîme c'est faire
acte de dépossession vis-à-vis
de celui qui par définition n'a pas
de terre, puisqu'il est consacré
au service du Temple. En refusant, même
par négligence, d'accomplir ce commandement,
la société révèle
une sorte d'individualisme douteux, le chacun
pour soi qui est la porte à tous
les abus.
Et un homme
Le mot ich dans la Bible désigne
l'homme relationnel, l'homme moral, par
rapport à adam qui désigne
l'humain en général. Par extension,
il peut désigner l'envoyé
d'Hachem, (comme les trois " hommes
" qu'Abraham reçoit et qui sont
envoyés pour lui annoncer la naissance
d'Isaac ou l' " homme " qui lutte
avec Jacob est qui est un ange), voire Hachem
Lui-même, comme dans le cantique de
la mer Rouge (mer des Joncs) : " Hachem
est un ich de guerre ". Ici il désigne
à la fois le mari, mais d'abord un
riche propriétaire, un notable de
la tribu de Juda.
Bethlehem en Juda
Bethlehem veut dire " maison du pain
". La ville était connue à
l'origine pour ses moulins et ses boulangeries.
Au niveau de la symbolique, l'information
est intéressante. Le lieu où
l'on fabrique le pain se trouve dans le
territoire de Juda (il existait également
Bethlehem dans le territoire de Zabulon,
cf. Josué XIX, 15), or Juda est la
tribu de la royauté, d'où
sera issu David.
Juda est dès l'origine appelé
par le patriarche Jacob " le jeune
lion " (Gn. XLIX,9). L'influence de
ce quatrième fils s'était
en effet révélée dans
l'affaire de la vente de Joseph et celle
de Benjamin (cf. Gn. XXXIII à XLVI).
La royauté, le pouvoir politique,
implique la responsabilité, gérer
le partage des richesses, faire en sorte
que chaque citoyen mange à sa faim.
Ici, cet homme, ce notable s'enfuit, il
ne joue plus le rôle d'un véritable
fils de Juda. Certes, Abraham et Isaac s'étaient
expatriés lors des famines qui arrivèrent
en leur temps (Gn. XII,10, XXVI,1), mais
ils partirent avec les gens de leur maison,
ils restèrent responsables. Ce que
reproche la tradition à Elimélekh
est sa lâcheté.
Pour séjourner
" pour séjourner " et non
pour demeurer, telle en tout cas, la première
intention de la famille, par la suite nous
verrons que le provisoire prendra un caractère
permanent. Il y a là une attitude
générale du juif qui s'installe
dans l'exil et qui finit par devenir citoyen
du pays d'accueil. C'est une constante de
l'histoire juive.
Dans les champs de Moab
Moab est un territoire fertile (II Rois
III,4), à l'est de la mer Morte.
Moab veut dire " de mon père
". En effet, l'ancêtre de ce
peuple est le fils issu de l'union incestueuse
entre Loth et sa fille aînée
(Gn. XIX,37) après la destruction
de Sodome. Au plan typologique, l'on trouvera
chez Moab la tension entre l'hospitalité
de la famille d'Abraham et la xénophobie
des Sodomites. Cette haine de l'étranger
s'exprimera dans le livre des Nombres (XXII,1)
quand Moab tentera de maudire Israël
via Bilaam et refusera d'offrir le pain
et l'eau (Deut. XXIII,4), alors que l'hospitalité
s'exprimera par Ruth justement.
Source : www.consistoire.org
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